A la fois terre oubliée et terre de cinéma

Oui la Basilicate existe. Elle existe!» déclame l’acteur et réalisateur Rocco Papaleo en ouverture de son film Basilicate Coast to Coast, road-movie musical et décalé, qui a connu un grand succès en Italie tout en donnant un coup de projecteur sur cette région méconnue. Appelée aussi Lucanie à l’époque romaine et sous Mussolini, la Basilicate se trouve au creux de la botte exactement, entre trois grandes régions voisines, les Pouilles, la Calabre et la Campanie, et deux petites façades maritimes, l’une sur la mer Ionienne, l’autre sur la mer Tyrrhénienne. A la fois terre oubliée et terre de cinéma, voilà, en résumé, le paradoxe de la Basilicate. Frugale, peu peuplée, aride, voire désertique, cette région inspire les cinéastes, à commencer par Pier Paolo Pasolini, qui fut l’un des premiers à y planter sa caméra pour son film L’Evangile selon saint Matthieu. Avec pour star Matera: cette ville troglodytique, habitée depuis la nuit des temps, incarne la Jérusalem du film. Un rôle qui lui colle à la peau: il y a une dizaine d’années, Mel Gibson y avait tourné La Passion du Christ puis Catherine Hardwicke, La Nativité. Alors que tout dernièrement, c’est la Metro-Goldwyn-Mayer qui s’est lancée dans un remake de Ben Hur dans les rues de la ville avant de prendre ses quartiers à la Cinecittà ce mois-ci.

Le Figarò ( 06/03/2015 ) La Basilicate, terre de cinéma

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